L'armée chinoise avait besoin de chevaux et les Tibétains de thé : ainsi naquit la route du thé et des chevaux, en mandarin laChamagudao (« ancienne route du thé et des chevaux »), une voie commerciale de plus de 4 000 km reliant le Sichuan et le Yunnan au Tibet. Cette route se matérialisa pendant la dynastie Tang (618-907) et le royaume Tubo (VIIe siècle - milieu du IXe), lorsque le thé devint une boisson populaire en Chine et au Tibet. Elle perdura jusque dans les années 1960 qui virent la construction des premières grandes routes au Tibet. Les Tibétains se rendaient dans les provinces chinoises du Sichuan et du Yunnan pour échanger, contre du thé, des bœufs, des yacks, des fourrures, du musc mais aussi des chevaux, lesquels étaient nécessaires aux Chinois pour pouvoir protéger leur empire contre les attaques à répétition de peuples nomades.
Cet axe commercial vit transiter également du sel via les nomades du sel.
De grands aventuriers comme le Prince Henri d'Orléans, Joseph Rock ou encore Alexandra David-Néel empruntèrent cette route à la fin du XIXe siècle ou au début du XXe.
À l'est, la route comportait deux itinéraires ayant pour point de départ l'une le centre de production de Pu'er dans le Yunnan et l'autre celui de Ya'an dans le Sichuan. Ces itinéraires convergeaient avant d'arriver au Tibet.
Sur la moitié orientale de l'itinéraire, les porteurs de thé, hommes comme femmes, convoyaient régulièrement des charges de 70 à 90 kg. Après Kangding, dans le Kham, les briques de thé étaient emballées dans des sacs étanches en peau de yack et transportées à dos de yack ou de cheval jusqu'à Lhassa.
Les Chinois obtenaient un cheval contre 60 kg de thé. Tel était le tarif fixé par l'Agence du thé et du cheval du Sichuan, fondée en 1074. Au XIIIe siècle, la Chine échangeait des millions de kg de thé contre quelque 25 000 chevaux par an.
Le commerce du thé et des chevaux était aux mains, à l'est, du pouvoir impérial chinois, et à l'ouest, des grands monastères tibétains, gros consommateurs de thé au beurre rance. Le 6e Réting Rinpoché, régent du Tibet de 1934 à 1941, possédait l'une des trois plus grandes sociétés commerciales du Tibet, la société Retingsang, qui contrôlait, conjointement avec la société Heng-Sheng-Gong, une société Han établie dans le Yunnan, le commerce du thé entre le Sichuan et le Tibet, soit 10 000 ballots de thé annuellement.
Le portage du thé prit fin peu après que Mao Zedong eut pris le pouvoir en Chine, en 1949, et qu'une route eut été construite. En redistribuant les terres des riches aux pauvres, Mao libéra les porteurs de thé de la servitude.
La route du thé et des chevaux fut bien plus qu'une simple voie commerciale. Avec le passage des caravaniers, elle fut le théâtre de rencontres entre ethnies, d'échanges linguistiques et culturels. Wikipédia.
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